L ANGE BLEU   -   Der Blaue Engel
 
Annee
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1930
1h47
Emil Jannings – Marlene Dietrich – Kurt Gerron – Rosa Valetti – Hans Albers – Reinhold Bernt – Edouard Von Winterstein …

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Critiqué par fear le 27/03/2009 Note :   Lire sa critique  
Critiqué par fear
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« L’ange bleu » est un drame teinté de musicalité qui est porté par Jannings et Dietrich. Chef d’œuvre soit disant intemporel, il expose un manque de créativité inhabituel de Von Sternberg. Une trame sympathique mais pas suffisamment étoffée parvient à peine à nous maintenir alerte. « L’ange bleu » a donc pris du plomb dans l’aile …
 
Considéré comme l’un des précurseurs du cinéma européen, le viennois Von Sternberg se dirige vers l’Allemagne qui connaît ici son premier film parlant. Désormais rehaussé au panthéon cinématographique, il est l’occasion d’une rencontre précieuse celle du cinéaste et de Marlène Diétrich dont la carrière ne fait que commencer – notamment avec leur collaboration -.
Adaptant le roman « Le profresseur Unrat » d’Heinrich Mann, il pose un regard intemporel sur une partie de la condition humaine. Bien entendu il prend soin de replacer le professeur au centre des regards éludant ainsi une partie de la recherche morale.

On notera que différentes chansons ont inspiré –bien plus tard – les artistes qui rendent un hommage bien longtemps après à la bande originale de cette œuvre.

PREMIER DEPART

C’est un véritable triptyque qui ressort du métrage. Von Sternberg a déjà une belle carrière derrière lui tout comme Emil Jannings.
Le metteur en scène est surtout connu pour son audace qui fait écho à ce qui se développa outre-Rhin. L’expressionnisme envahit les pellicules et le muet se prêtait bien à cela. Il est également réputé pour avoir porté à l’écran le premier film de gangsterS
« Underworld » (1927).
Jannings est acteur depuis 1914 et a tourné par exemple avec Lubitsch, « The Merry Jail » (1917) ou encore « Madame DuBarry » (1919). Un des acteurs marquants du muet, il remporta durant sa période américaine deux récompenses d’interprétation – entouré de tournages allemands -, pour « Quand la chair succombe » (1928) et « Crépuscule de gloire » (1927), tous deux sous l’œil de Von Sternberg.

Les deux compères accueillent une jeune femme qui va devenir star mondiale grâce à son érotisme latent – pour l’époque -. Marlène Dietrich illumine l’œuvre et poursuivra sa carrière sous le joug du réalisateur – « Morocco » (1930), « Shangaï express » (1932) … -.

3 ans avant le début de la censure hitlérienne – que Jennings rejoint par la suite -, on découvre ici une histoire assez simple qui a un goût de clacissisme, au sens littéraire. On découvre des approfondissements de personnages qui sont confrontés à des ancrages temporels marquants. Utilisée pour la première fois la technique pure est déjouée – les caméras sont bruyantes et ne permettent pas une liberté absolue -. Loin de tentatives ambitieuses, la constance de la mise en scène est un peu décevante.

PREMIER AMOUR

Le professeur Rath est un homme qui peine à exprimer ses sentiments. Toujours les sens rivés sur ses principes, il est implacable mais principalement en dehors des cours. Il est le sujet de railleries de la part de sa classe et sa lâcheté l’empêche de faire face. Néanmoins, lorsqu’il apprend que les jeunes vont voir des filles chantant à moitié vêtues, il devient fou. Ils dépassent un quota de patience et il va leur courir après. Bien sûr il va y découvrir plus qu’un simple lieu de débauche. La romance naît gentiment et on sent qu’il commence à respirer, à être plus cool. Les frustrations dues à sa difficulté à faire resurgir ses émotions – il sera lâché par tout le monde – vont éclater.

Grande farce sentimentale, le film implique un enseignant qui voit ses codes bafoués. Les gardiens de sa ligne de conduite sont réévalués. A partir de là, les cartes se brouillent et il en oublie l’important. Porté par le cœur plutôt que par le cerveau, les désillusions et les changements de cap – clown mis à mal – ne vont en rien changer sa place vis-à-vis de son environnement. La fin assez tristoune va le ramener à son premier amour : La passation de connaissance, finissant sur son bureau.

Le jeune garçon qui est dans la même situation que lui – son primus – est agressé par le professeur aussi. Plutôt que de vilipender l’ensemble, il s’attaque au maillon le plus faible, celui sur qui tout le monde s’acharne. Von Sternberg ne valide donc pas ses personnages et cette distanciation se poursuit pour mieux laisser ses acteurs s’exprimer – Jannings est très bon -. Les lycéens sont peu exploités – ils se moquent simplement, mais ont du mal à exister individuellement -.

Le monde de l’art – opposé à la science par essence – qui pourrait être idolâtré est décrié – simple système pyramidal d’où émerge l’impertinente Lola Lola.

La musique vieillotte permet à Dietrich de s’afficher avec son sex-appeal impeccable, symbole d’une époque et de ses lois esthétiques. S’égarant souvent dans sa description, le film est conditionné par le casting. Les phases à l’école sont un peu ennuyeuses tout comme certaines avancées du professeur dans la sphère intime de Dietrich.
Loin du chef d’œuvre annoncé, il demeure quelques brillantes idées qui ont perdu de leur superbe avec le temps. Seuls Jannings et Dietrich valent la peine de s’attacher à cet ange bleu.
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