L ULTIME RAZZIA   -   The killing
 
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1956
1h23
Sterling Hayden – Coleen Gray – Vince Edwards – Jay C. Flippen – Marie Windsor – Ted de Corsia ….

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Critiqué par fear le 29/09/2008 Note :   Lire sa critique  
Critiqué par fear
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« L’ultime razzia » nous propose un Kubrick assez sage, très minutieux dans sa volonté de maîtriser un style aussi spécifique. Le compte à rebours et les multiples points de vue forment tout le cachet du film – surtout pour l’époque - jusqu’au dénouement et la vision pessimiste de sieur Kubrick. A la fois simple sur le fond et assez complexe sur la forme, on passe un très bon moment. Hayden possède une classe inouïe ….
 
Pour son troisième long, Kubrick réitère l’aventure de gangsters – et ce pour la dernière fois -. Il a pour l’occasion un budget assez réduit puisqu’il se monta à 320 000 $. C’est ainsi qu’il commence réellement sa carrière avec des acteurs professionnels.
On notera notamment la présence de Sterling Hayden. Petite piqure de rappel pour ceux qui ne s’en souviendrait pas, il avait tourné dans le classique « Quand la ville dort » (1950) de John Huston et apparaîtra dans « Le parrain » (1972). Pour ce qui est de sa collaboration avec Kubrick, si c’est une première, le duo se reformera au moment de l’avènement de « Dr. Folamour » (1963).

Kubrick eu du mal à rentrer dans ses frais. Proposé en seconde partie après « Bandido Caballero » de Richard Fleischer, il connut un succès mitigé dans un premier temps. Par la suite, avec les dithyrambes de la presse, le film posséda une deuxième vie plus probante.

DES EFFLUVES DEJA SENTIES

Considéré comme un demi-Dieu dans le monde du septième art, le cinéaste possède une aura personnelle très forte, suggérant que toute sa filmographie possède une personnalité à part entière. Cela est en partie vrai, mais en partie seulement.

Son premier essai, très déclaratif, était sous le signe du don de soi. « Fear and desire » (1953) montrait donc la face politique du cinéaste américain. Ensuite, de manière surprenante – il cherche peut-être une approbation publique et des budgets – il se tourne vers un genre qui a le vent en poupe, le film noir. On notera d’ailleurs que celui-ci est l’adaptation de « En mangeant de l’herbe », un roman de Lionel White.

On ressent bien la volonté d’être ancré dans son époque. Du célébrissime « Quand la ville dort » (1950) à Max Ophüls – dont Kubrick ne cessait de dire du bien -, Il use de différents angles d’attaques.
Au point de vue de la mise en scène, il s’inspire du réalisateur français et sera d’ailleurs félicité pour son travail sur la mise en image. On remarque aussi une parenté avec le travaille de Welles – travelling en entrée -.

DE DOUX EFFLUVES QUI DATENT

L’aspect positif que retint la critique fut l’ingéniosité du scénario dans sa dimension technique. En effet, que divers personnages échafaudent un plan pour effectuer un vol important est assez simple. Toutefois, Kubrick découpe temporellement son propos avec intelligence. Choisissant d’enchaîner les points de vue, c’est le puzzle – évoqué au départ – qui se construit au fur et à mesure. Il est alors indubitablement en avance sur son temps.

Un aspect récurrent du cinéma de ces années-la est la présentation du couple. On en a deux exemples : Le classique pourvu d’un amour fort et indéfectible mais aussi la femme manipulatrice, mante religieuse œuvrant avec facilité auprès d’hommes influençables. Le traitement de ce relationnel est assez pauvre.
Certes, Kubrick ne se concentre pas sur le personnage et leurs histoires mais simplement sur les faits.
Pourtant cela n’empêche aucunement le spectateur d’être intrigué par l’ex-catcheur qui philosophe discrètement ou encore d’être frappé par le fatalisme et la détresse sous-jacente. Les criminels semblent surs d’eux et voient l’avenir avec un large sourire. La dernière réplique symbolise à elle seule la vacuité de ce que sont les malfaiteurs. Ils substituent ici leurs personnalités à leurs actes, montrant que tout ne tient qu’à un fil. On est ici dans une configuration surannée où le film montre ses rides de par sa relation inter-sexes et aux tonalités employées pour les gangsters.

Ensuite, on observe que le plan – dans les moindres détails – est soigné tandis que ce sont les hommes qui vont poser les problèmes – du fait de leur humanité justement -.
On remarquera le leitmotiv de l’enfermement - Les grilles pour les paris, l’oiseau en cages …- qui ne présage rien de bon et pose les carcans dans lesquels ils restent.

Au final, c’est un film solide et dont la présentation est très inventive. Kubrick assure mais ne sort pas LE grand métrage que l’on pouvait attendre. Un peu ankylosé dans sa gestion des codes et des influences qui l’entourent, il nous sert une intéressante intrigue.
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