THE ANNUNCIATION
- Angyali üdvözlet |
Annee
Duree
Genres
Pays
Réalisateurs
Acteurs
Notes rédactions
Notes visiteurs
1984
1h38
Péter Boscor – Julia Mero – Eszter Gyalog – György Belme – Robert Borok – Attila Dobay – Evelin Feher ….
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| « The annunciation » est un OVNI philosophique audacieux. Esthétique et critique envers la Civilisation que nous créons chaque jour, le film a une tonalité monacale qui déconcertera la plupart des spectateurs. Une critique de l’humanité qui est uniquement portée par des enfants, assez bons dans l’ensemble. Une curiosité qui vaut pour son texte, sa mise en scène et une partie de son idéologie …. |
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Le cinéma hongrois est assez discret en termes de diffusion au sein de l’hexagone. Cela est bien dommage car il existe un véritable patrimoine fort. Pour son second métrage au cinéma, Jeles opte pour l’originalité et la difficulté.
Il adapte ainsi « La tragédie de l’homme » d’Imre Madach paru en 1861.
UNE HISTOIRE DE TECHNIQUE
Il est une chose incontestable : La forme tient une place prépondérante dans la vision du septième art de Jeles.
La photographie est superbe. Les différentes époques traversées renvoient à une palette de paysages et de couleurs très précise. Le budget étant limité, on ne se trouve pas dans une abondance pesante – comme cela arrive parfois dans le cinéma chinois actuel – mais dans la parcimonie. Il n’y a pas que les prises de vue de forêts ou de sable mais on retrouve des costumes de choix. A chaque temps, on découvre une ou plusieurs personnes maquillées de manière spécifique – très belle performance à Byzance -.
Le jeu de lumière est assez soigné et la caméra est sobrement maniée. On regrettera toutefois un certain immobilisme qui sied au discours mais dont le manque de dynamisme va infléchir notre opinion globale.
De plus il se paie le luxe de donner dans le surréalisme. Par exemple, on voit une dague plantée dans le sol qui fait saigner ce dernier.
Dans une démarche pasolinienne, tous les comédiens sont des enfants. Cela rend encore plus puissant le discours – l’innocence est bafouée -. Plutôt convaincants, ils prennent bien les postures adultes tout en récitant un texte assez délicat.
La musique est peu présente mais c’est un leitmotiv qui est calqué sur le postulat de départ. L’engagement biblique donne logiquement lieu à des envolées chorales brèves mais assez appréciables.
UNE HISTOIRE DE POINT DE VUE
Outre la mise en scène, c’est bien une narration philosophique qui est le point central de la volonté du cinéaste hongrois.
La dimension déique est en fait un détournement de ce qu’il semblerait être. On pourrait penser à un développement idéologique à tendance religieuse et pourtant cela n’exprime que la base fondamentale des vicissitudes humaines.
Ici, Dieu et Lucifer place l’Humain dans une situation délicate : Il existe la tentation et c’est la dans la veine de l’erreur que vont échoir les choix de chacune des personnes vivant sur cette planète. Ce qui semble manichéen de prime abord devient une logique implacable. Dieu laissant le libre arbitre, a permis l’erreur. Lucifer ne fait que pérenniser une possibilité laissée par l’entité du Bien.
Le trajet de l’humain est le même. Adam et Eve sont au royaume de Dieu dans un premier temps. Ensuite, il écoute sa mauvaise conscience – lecture à plusieurs niveaux – et construit lui-même ce sillon de dégradation. Jeles responsabilise l’Homme en montrant ses travers par le biais du kaléidoscope religieux.
La traîtrise, la violence, l’intolérance – dans sa globalité -, sont autant de points soulevés avec un unique contrepoint : l’Amour. Il habite chaque époque et ne gagne pas réellement. C’est ainsi que l’Homme est présenté comme une entité sombre, qui ne sait se positionner sur la balance de la justice et du bienfondé.
Il faut aussi savoir que le temps est un personnage à part entière. Il semble se jouer de nous étant une redondance perpétuelle au plus profond des âmes humaines.
La limite de ce système idéologique est le traitement différentiel des personnages. Cela sous-entend une application contre-productive de son système de pensée.
On regrettera clairement que le propos intellectuel soit parfois un peu trop déclaratif. Peu de symbolisme mais des personnages déclamant les malheurs d’une espèce. On s’ennuie parfois, quand Jeles oublie qu’il s’agit de cinéma et non d’une conférence illustrée.
Ce film divisera assurément. Son sujet, son traitement, son aspect âpre et sa langueur sont autant d’appréhension pour le spectateur.
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