DARK WATER   -   Honogurai mizu no soko kara
 
Annee
Duree
Genres
Pays
Réalisateurs
Acteurs
Notes rédactions
Notes visiteurs
2 commentaire(s)
2002
1h37
Hitomi Kuroki – Rio Kanno – Mirei Oguchi – Asami Mizukawa -Fumiyo Kohinata – Maiko Asano – Yu Tokui ....

LISTE DES CRITIQUES
Critiqué par fear le 31/07/2008 Note :   Lire sa critique  
Critiqué par fear
836 critique(s)
Voir toutes ses critiques
 
« Dark water » appartient au florilège de la nouvelle vague de revenants made in Asia. Mêlant à merveille divers styles, Nakata reste humble et taille des portraits de famille éclatés qui se rejoignent à la frontière du surnaturel pour se mélanger dans la simplicité de l'émotion. Il apporte un vent doux dans le monde désormais formaté des petites filles aux cheveux longs. Un must have pour les fans du genre...
 
Nakata réitère l'adaptation du travail de Koji Suzuki. Celui-ci avait écrit une nouvelle s'inspirant quelque peu de sa propre vie. « L'eau flottante » provient de la disgression d'une anecdote pour le moins étrange. Sur le toit d'un immeuble où il vivait, Koji monte sur le toit où trône un container métallique pour observer un feu d'artifice avec son fils. Il trouve alors un petit sac rouge contenant un maillot de bain.
Complètement surréaliste, cette histoire inspire à nouveau le maître nippon qui laisse aux bons soins du désormais illustre Nakata, son intrigue.

Ayant eu trois récompenses au festival de Gerardmer, on se retrouve dans un univers connu sous les obsessions de Mr. Suzuki.

LA MORT DE LA FAMILLE

A l'instar de la saga Ring, il existe une multitude de tics environnementaux qui placent une atmosphére spécifique autour des protagonistes.

En premier lieu, c'est à nouveau la famille qui trinque. Deux générations divorcées – une évocation et une entrée de plein pied – et un abandon qui stigmatisent des souffrances mais surtout des conséquences irréparables. Les enfants sont souvent ceux qui paient pour les erreurs de leurs parents. Il y a l'intrigue principale qui l'explicite très bien mais tout converge vers ce fait. Yoshimi éprouve des difficultés à assumer son rôle maternel, laissant seule sa fille, avec des anicroches qui se succèdent. Elle perd la tête du fait de la conciliation qui la submerge de peurs diverses. Le quotidien est trop pesant pour la cellule monoparentale, aboutissant inéxorablement à des retombées fâcheuses.
Les relations sont oscillantes bien qu'il y ait toujours beaucoup d'amour au sein du relationnel. La sensibilité à fleur de peau de la mère participe pour beaucoup à ce ressenti.

A contrario les sourires de la petite Ikuko illuminent de joie les séquences où elle se trouve. L'enfance est le seul rempart contre la morosité ambiante.

En second lieu, l'ambiance participe à cette mise à mort progressive de toute consistance des modèles de foyer. La mise en scène est parfaite dans le drame intimiste dont elle se fait l'intermédiaire. De long silences relaient à merveille l'aspect repoussant de la ville, de ses quartiers-ci en tout cas.
Des moyens modestes poussent Yoshimi à opter pour un immeuble laid, pas très sur, à l'ascenseur vieillissant, aux couleurs blafardes. Le grisâtre émerge de tous les lieux : La pluie est omniprésente, les chemins sont fait de pierres et de béton, les murs des appartements et des étages sont gris ....

LA MORT DE LA FILLETTE

Si le climat est dirigé vers les personnages et leurs quotidiens délicats, on retrouve l'habituelle histoire de revenants. A l'instar de la saga Ring, il s'agit encore d'une petite fille aux cheveux longs qui noie sa haine dans sa vengeance. De plus, il est encore une fois histoire d'eau. Le liquide qui prenait son essor avec les contaminés de Sadako, fait de nouveaux des siennes et semble un bon récepteur énergétique – et mental -.

Côté angoisse et fantastique on peut distinguer deux phases, plus ou moins réussies. La première heure est préférentiellement faite pour les protagonistes et n'envoie que par bribes des assauts surnaturels.
On retrouve les écueils de Ring, avec des apparitions parfois un peu mollassonnes et prévisibles mais on sent que son cinéma a muri et qu'il a bien mieux appréhendé le sentiment de peur. Toutefois, on n'est pas encore complètement convaincus : Une scène dans l'ascenseur sympathique, des petites invraisemblances comportementales de Yoshimi – que l'on peut parfois imputer à son incapacité ou à son stress -.
La seconde partie est par contre franchement sympathique. Dès que l'on voit le visage habité d'Ikuko fixant le sac rouge, on sait que tout va s'accélérer. Tout est agrémenté sobrement mais avec panache. L'angoisse est présente, sous forme atmosphérique ou de petits effets bien fichus – même si ce n'est pas une réelle révolution -.

Le final est juste magnifique et parvient à joindre les deux perspectives sans faire de concessions. Emouvant, stylisé mais sobre et avec une larme horrifique, la production nippone remplit son office et bien plus encore, puisqu'il figure encore aujourd'hui parmi les plus belles réussites du genre.
 Iken-eiga (2007) © tous droits réservés | ADMIN