THE MIST   -   The Mist
 
Annee
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2007
2h05
Thomas Jane, Andre Braugher, Laurie Holden, Marcia Gay Harden, Toby Jones, Chris Owen, William Sadler

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Critiqué par Baron le 23/06/2008 Note :   Lire sa critique  
Critiqué par Baron
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Comme chaque année ou presque, le cinéma nous offre une adaptation d’une œuvre de Stephen King. Comme chaque année ou presque, cela se traduit par la déception. Mais les (mauvaises) habitudes se perdent parfois. La preuve par Mist.
 
The Mist est donc tirée d’une nouvelle du King (« Brume » en français). Encore une que je n’ai pas lu et c’est tant mieux. Pourquoi ? La fin. Mais commençons par le début.

En quelques minutes, le décor est planté, la trame et les personnages sont présentés. Et de fort belle manière. La scène où, tel la Mort chevauchant son cheval pâle, la brume dans toute sa blancheur recouvre tout et plus particulièrement le supermarché est assez impressionnante et suscite déjà la crainte. On la devine dangereuse, on la sent vorace. Rendre cette brume inquiétante est la première réussite du film. On ne peut s’empêcher alors de comparer avec l’excellent «The Fog » (1980) de John Carpenter face auquel le film de Darabont, s’en l’égaler, fait bonne figure, niveau brouillard en tout cas.

Mais la brume est une chose. Ce qui s'y trouve en est une autre, bien plus effroyable(s) et dangereuse(s). Ce constat fait, reste à choisir entre sortir et affronter la brume ou rester et se barricader en attendant que cela ne passe. Ou pire encore…

L’allusion faite ci-dessus au quatrième cavalier de l’apocalypse (la Mort) n’est pas innocente. « Et j'ai regardé, et sur un cheval pâle se dressait la mort et l'enfer le suivait. Il lui fut donné le pouvoir de tuer par l'épée, par la famine, par la mort et par toutes les créatures de la terre », Apocalypse chapitre 6 (la Bible). Voilà l’autre danger. Pas la Bible, non, mais ses écrits ou du moins l’utilisation qu’en font certains. La Bible, comme tous les autres livres saints, et Dieu par le fait, sont des recours faciles quand on a peur, on y trouve aussi la raison de tous nos maux. C’est ce que beaucoup s’efforcent à croire (ou à espérer). C’est là qu’intervient le prédicateur ou le gourou selon la façon dont on perçoit la chose, ici admirablement incarné par Marcia Gay Harden dont la composition hallucinante et hallucinée (et illuminée aussi) nous vaut quelques moments d’une rare intensité, à la tension palpable. Elle réussit à rendre son personnage si effroyable qu’il en devient détestable.

Dans certaines circonstances, l’homme redevient l’animal qu’il est. Quand il a peur, le chien mord; l’homme tu. Constat bien triste et cruel mais ô combien vrai. Quand le voisin, l’ami est prêt à vous sacrifier pour sauver sa peau, quel avenir pour l’humanité ?
Plutôt que la cohésion face à l’adversité, la division. Même du plus petit nombre peut emmerger la lutte et le conflit, en quelque circonstance que cela soit.
The Mist nous met en face des faits et s’offre le loisir de nous rappeler que le plus grand danger pour l’homme c’est … l’homme. Et il le fait avec beaucoup de style, faisant inexorablement monter la pression au sein de la petite communauté aux opinions divergentes, jusqu’à ce que l’inévitable arrive. Tant et si bien que j’en oublierais presque de parler de ce qui est sensé être la véritable menace : les créatures qui peuplent la brume.
De ce côté là, petite déception. Il faut bien avouer qu’elles ne sont pas terribles, les effets numériques n’arrangeant pas grand-chose (au contraire). Dans un film "à l’ancienne", on eût préféré des effets du même genre. Cela eût au moins apporté quelque charme au passage. Les attaques ne sont guère impressionnantes et toute compte fait, à l’exception d’une scène bien réussit à l’occasion d’une sortie d’un groupe de survivants, elles prêtent plus à sourire qu’à effrayer.
C’est un peu comme s’il y avait deux parties bien distinctes dans le métrage. La première, très réaliste, sans trucage et la deuxième avec des effets assez grossiers. Comme si Darabont voulait minimiser cette partie fantastique face au vrai danger auquel nous pouvons être confrontés, à savoir nous même.

Et tout ceci nous amène vers la fin. Et quelle fin ! Si c’est la même que dans la nouvelle de Stephen King, alors je me réjouis de ne pas l’avoir lue. Quelle surprise ! Quel choc ! Elle m’a littéralement scotchée à mon siège, complètement tétanisé. Rarement final ne m’aura autant fait d’effet, même si j’eus aimé voir le générique deux minutes plus tôt. Sans que cela ne me fasse bouder mon plaisir d’avoir passé deux heures, sans aucune longueur, devant un métrage bien au dessus de toutes mes espérances.

Une véritable réussite donc pour Frank Darabont qui réalisait là son quatrième film, qui est aussi sa troisième adaptation de King après le très bon « Les évadés » (1994) et le moyen « La ligne verte » (1999). Un film qui fait peur finalement mais pas comme on s’y attend. Une vraie bonne surprise, l’une des toutes meilleures dans le genre de ce début d’année. Il mérite bien sa place parmi les meilleurs films tirés des écrits de l’auteur à succès.
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