PERDITA DURANGO   -   Perdita Durango
 
Annee
Duree
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1997
1h58
Rosie Perez – Javier Bardem – Harley Cross – Aimee Graham – James Gandolfini – Screamin' Jay Hawkins – Demian Bichir .....

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Critiqué par Fear le 18/01/2008 Note :   Lire sa critique  
Critiqué par Fear
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« Perdita Durango » est un road movie où des Bonny and Clyde mexicains attachants nous content leur étrange intrigue. La maestria du cinéaste ibérique se révèle dans l'équilibre qu'il produit à l'écran. Embarquez avec Romeo et Perdita dans cette aventure sans concession, qui se paie le luxe d'être caustique et parfois absurde. Le meilleur du réalisateur d' « Action mutante » (1992) ...
 
Alex de la Iglesia est devenu en quelques années un des réalisateurs ibériques incontournables. Depuis « Le jour de la bête », il poursuit son périple d'humour noir, rencontrant de plus en plus de succès.
La quintessence de son cinéma se retrouve dans ce road movie atypique. Dans la peau de la latina volcanique, on retrouve Rosie Perez, qui connait ainsi son premier grand succès après avoir fait une apparition dans « Les blancs ne savent pas sauter » ( 1992). Pour compléter le duo, Javier Bardem que l'on ne présente plus et qui avait tourné auparavant pour Almodovar - « Talons aiguilles » (1991) – et surtout Bigas Luna - « Les amours de Lulu » (1990), « Jambon, Jambon » (1992) ou encore «Macho » (1993). Bien avant qu'il soit propulsé en star, avec « Mar adentro » (2003), il connut ici un de ses plus grand rôles.

Le duo criminel faisant la traversée d'un pays est un classique mais De la Iglesia arrive à y apporter quelque chose d'unique. Si la violence et la sensualité sont au rendez-vous, c'est l'humour décalé qui se distingue. Bien entendu, c'est la noirceur des blagues, l'absurdité de certaines séquences qui font mouche.
Perdita et Roméo sont pour beaucoup dans ce succès. Ils s'unissent dans une bestialité sous-jacente, soulignée par un mythe qui reviendra cycliquement au cours du métrage. Le jaguar, véritable totem de Roméo, donne une idée de la puissance du géant magicien. Leur amour se cristallise autour de la brutalité et d'une sexualité débridée. Pour autant, la caméra ne dépeint pas des personnages manichéens, diaboliques. Certes, les actes de ces deux fous sont répréhensibles mais leurs histoires personnelles sont émouvantes et leur croyance donne toute sa vigueur au film. Roméo et son culte vaudou donnent lieu à des séquences puissantes où un Bardem habité perpétue le culte de ses ancêtres. Suivre le parcours de ces amants criminels c'est suivre la libération progressive de caractères attachants. L'interprétation sans faille, capable d'être emphatique comme retenue, rend compte d'une très bonne direction d'acteurs.

Côté scénario, rien de surprenant. L'intrigue est rondement menée mais l'important n'est pas là. L'évolution du tandem sanguin est inverse à celle du jeune couple prude. C'est en quelque sorte une rencontre d'antagonistes qui se révèlent les uns aux autres.
La présentation des deux candides met en exergue la famille américaine embourgeoisée et qui possède pudeur – voire puritanisme – et niaiserie. Au contraire, les mexicains sont plutôt déshérités – ou sont des bandidos. Bien qu'il eut été plus agréable d'avoir un contraste plus intéressant, cette simplification permet de mettre en exergue des personnages secondaires plutôt décalés.

Les différents clans et forces en présence sont nombreuses et on retrouve une équipe policière de bras cassés. James Gandolfini est le seul qui arrive à s'accrocher mais le bien fondé de sa démarche pourrait-être remis en cause car ses réactions sont ambigües.
C'est d'ailleurs une constante tout au long du film : Les cartes sont troublées par les difficultés de trouver le véritable fond de chaque personnage. Le bien et le mal s'entremêlent jusqu'à ne former qu'une humanité complexe. Chaque individu est un maillon qui évolue sous nos yeux, souvent de manière surprenante.

Plus fougueux qu'un « Sailor et Lula » (1990) , plus enjoué qu'un « Tueurs nés » (1994), ce voyage est une véritable bouffée d'air frais, une fable cruelle et enlevée qui montre un De la Iglesia sous son meilleur jour. Les acteurs sont au diapason et hissent la pellicule vers les sommets du genre.
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