LES VESTIGES DU JOUR   -   The remains of the day
 
Annee
Duree
Genres
Pays
Réalisateurs
Acteurs
Notes rédactions
Notes visiteurs
0 commentaire(s)
1993
2h14
Anthony Hopkins - Emma Thompson - Christopher Reeve - John Haycraft - James Fox - Caroline Hunt - Peter Vaughan - Paula Jacobs - Ben Chaplin - Steve Dibben ...

LISTE DES CRITIQUES
Critiqué par Fear le 28/08/2007 Note :   Lire sa critique  
Critiqué par Fear
834 critique(s)
Voir toutes ses critiques
 
James Ivory signe une œuvre subtile sur une aristocratie anglaise d’avant-guerre d’une part mais aussi sur le poids des conventions. Ces deux points montrent le caractère distancié de ces relations humaines qui sont implicites. A voir notamment pour le casting et surtout Anthony Hopkins.
 
« Les vestiges du jour » marque le retour du duo Anthony Hopkins – Emma Thompson devant la caméra de James Ivory, un an seulement après
«Retour à Howards end » (1992).
Ici, le réalisateur américain traite des conventions au sein du microcosme de l’aristocratie anglaise sur fond d’avant-guerre. Tout ceci est vu par l’œil du majordome de Darlington Hall, campé ici par un Anthony Hopkins prodigieux. Professionnel jusqu’au-boutiste, James Stevens fait abstraction de tous ses sentiments, restant impassible quelque soit la situation. Des idées développées par son patron, un riche anglais voulant pactiser avec l’Allemagne hitlérienne aux sentiments éprouvés pour la gente féminine, il reste toujours cette expression pleine de retenue qui se fendille uniquement par moments. Quelques années après, il se remémore tout cela et voit qu’il avait peut-être tort, tort d’avoir relégué sa personnalité au second plan sous couvert de son emploi, omettant de développer son opinion sur les agissements se déroulant dans ce château, omettant de se dévoiler à son père alors que celui-ci se meurt mais également à Miss Kenton. Emma Thompson, très convaincante, est ici une intendante beaucoup plus humaine, plus extravertie et moins psychorigide que Monsieur Stevens. Il arrive immanquablement un clash entre ces deux personnages qui va s’estomper jusqu’à se transformer en un amour qui ne verra pas le jour, un regret de plus pour Monsieur Stevens. Ce duo fonctionne à la perfection et rythme toutes les situations, engendrant deux points de vues opposés, celui d’une société britannique conservatrice se heurtant à l’évolution des mentalités.
L’aristocratie anglaise est également visée. Outre ses traditions, le comportement même de ses membres, souvent arrogants et méprisants est critiqué. Par exemple, ce sentiment exacerbé qu’ont les aristocrates de contrôler une Angleterre qui pourrait s’en sortir sans le peuple, montre un visage peu reluisant d’une partie de ces élites financières.
Malgré le fait que l’aventure soit avant tout humaine, emplie d’histoires aux sentiments confus, qui ont du mal à ressortir de cette sphère fermée et codifiée, la toile de fond n’est pas accessoire. En effet, cette montée du nazisme et ces réunions qui se passent à Darlington Hall donnent une dimension inhumaine supplémentaire. Ils en parlent avec légèreté comme si rien de réellement grave n’arrivait et qu’il fallait suivre cette voie. Néanmoins, certains personnages viennent se situer en contre-pouvoir. L’américain (Christopher Reeves) tire la sonnette d’alarme et sera relayé ensuite par un journaliste campé par Hugh Grant.Enfin un autre personnage intéressant est Lord Darlington (James Fox). En effet, il est plus contrasté. Il semble dans un premier temps dupé par toutes les propositions pro-germaniques et ira jusqu'à demander le renvoi de deux jeunes réfugiées juives. Toutefois, il désirera s’amender de ses erreurs en demandant, bien plus tard, qu’on les aide. Bien sûr, il est clairement condamné et condamnable pour ses choix mais n’a pas ce mépris qu’ont ses amis.
Ce film est donc une parfaite réussite et ce notamment grâce à un casting de choix. Anthony Hopkins est formidable et bien secondé par Emma Thompson. Le parti pris du réalisateur est clairement l’expression des sentiments, pour ne pas avoir de regrets et ne pas rester dans une société fermée et sclérosée.
 Iken-eiga (2007) © tous droits réservés | ADMIN