NIGHT FISHING   -   Paranmanjang
 
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2011
0h33
Jung-hyung Lee – Kwang-Rok Oh ...

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Critiqué par fear le 19/02/2013 Note :   Lire sa critique  
Critiqué par fear
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"Night fishing" se révèle une partie de pêche artistique pour les frères Park qui hameçonnent le spectateur avec une découverte ubuesque dans les eaux saumâtres du fantastique. La suite est plus conventionnelle à l'image de sa description des mœurs nationales. Si l'utilisation de l'i-phone est presque un coup d'épée dans l'eau, le résultat demeure un agréable moment de croyances asiatiques ...
 
Le cinéma coréen se porte bien et leur vague de thriller doit énormément à l'un de leur parangon, Park Chan-Wook, ayant rebooté le genre avec sa trilogie de la vengeance – et notamment "Old Boy" (2003) -. Depuis il s'est essayé à d'autres choses, avec le complètement barré "Je suis un cyborg" (2006) puis un détour horrifique mitigé avec son vampirique "Thirst, ceci est mon sang" (2009).

Il aura fallu deux ans pour le revoir sur le devant de la scène avec ce projet ambitieux, tourner un métrage – un "vrai" s'entend – grâce à un i-phone. Il s'adjoint les services de son frère, récemment entré dans la famille du septième art et arbore fièrement son court-métrage fantastique, prouvant sa réussite, festival à l'appui – Deaville, Satges, Neuchâtel -.
Au casting, si Jung-Hyung Lee – pourtant convaincante – n'a pas une carrière étoffée, Oh est un habitué de chez Park – trilogie de la vengeance – et a aussi tourné avec l'autre vedette made in Korea, à savoir Kim Jee-Won – rôle mineur, avouons-le -.

Mettons donc les pieds dans le plat et parlons de la forme : Qu'est ce que ça peut bien valoir un tournage au téléphone ? Si les Park parviennent à tirer de beaux plans mais également à faire quelques petits mouvements de caméra intéressants – l'arrivée du pêcheur -, les scènes plus mobiles souffrent parfois d'une fluidité réduite. De plus, la qualité globale est parfois archaïque au niveau des contrastes. C'est donc un peu grippé malgré les moyens mis en œuvre pour compenser cette faiblesse technique.
Ainsi, la mise en scène est très posée. Alliez cela au cadre transitoire – traditionnel /Contemporain – et on pourra y trouver des faux airs de cinéma nippon rétro.

Pour ce qui est du fond, on ne peut qu'adhérer à la première partie concoctée avec soin. Avec un aplomb et un sens du comique absurde, les deux cinéastes parviennent à conjuguer drame et fantastique avec un certain talent. Du générique et le petit concerto décalé à la pêche inattendue, on entrevoit le regard amusé du surréalisme.
Le ton devient peu à peu plus grave et plus ancré dans le réel, reliant une nouvelle fois le père et sa fille, un point sensible à nouveau pour Park.
Dans cette seconde moitié, la vivacité de l'émotion régresse et devient plus ostentatoire et on sombre dans une facilité certaine, décomplexée mais adoucie par le descriptif d'un rite culturel, d'une vision au service de l'échange.

Comme toujours lorsqu'il s'agit d'un comportement ancestral, la vision exogène est problématique – regardez un film de fantôme thaï pour comprendre – et peut aisément virer dans le kitsch et le suranné. Pour autant et bien qu'il appesantisse trop sur certains détails, cela fonctionne assez bien et l'immersion nous permet justement de ne pas être dans l'appréhension ou le jugement "théorique".

Au final, on se retrouve avec un court métrage intéressant par son audace formelle mais pas toujours assez consistant. Des petites émergences poétiques et humoristiques donnent du sel à sa première moitié avant de tomber dans une approche un peu frileuse par la suite.
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