L ANGE DE LA VENGEANCE   -   Ms.45
 
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1981
1h20
Zoe Lund - Boguey - Albert Synkis - Darlene Stuto - Helen Mcgara

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Critiqué par CAMIF le 24/03/2012 Note :   Lire sa critique  
Critiqué par CAMIF
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Plus de trente ans après sa sortie, Ms.45 n’a rien perdu ni de sa force, ni de sa transgression. Zoe Lund et Abel Ferrara ont unis leur talent pour faire un film puissant, glauque, féministe ( diablement féministe) et finalement assez singulier.

 
Thana (Zoe Lund) est jeune, belle, très belle, réservée et muette (probablement vierge également, bien que cela ne soit jamais vraiment dit). Elle travaille dans un atelier de confection d’un créateur de mode à New-York. Un après-midi, alors qu’elle rentre à son domicile, elle est attaquée puis violée par un homme masqué (Abel Ferrara, himself) dans une ruelle sordide.

Traumatisée (on le serait à moins), mais incapable de dire à quiconque ce qu’elle vient de subir (évidemment, être muette, ça n’aide pas), elle reprend vaille que vaille la route de son appartement.

Arrivée dans celui-ci, elle surprend un cambrioleur en pleine action. Ce dernier s’apercevant qu’elle est muette tente de la violer (il y a des jours comme ça…), mais elle se rebiffe en lui éclatant le crâne avec son fer à repasser qui passait par là.

Elle entrepose son corps dans la baignoire pour plus tard le découper en morceaux et jeter les restes dans diverses poubelles de la ville. Elle prend également possession du pistolet de son agresseur (un automatique 45, d’où le titre original du film) et va, dès lors, mener sa propre vengeance en séduisant de manière agressive des hommes pour ensuite les tuer.


Dans le genre bien particulier de ce que l’on appelle le «Rape and revenge» (l’histoire d’une femme violée qui se venge de sa ou de ses victimes), le film d’Abel Ferrara est clairement à mettre dans le dessus du panier, en plus d’avoir scénaristiquement une originalité qui lui est propre. En effet, Thana la victime, ne tente pas uniquement de se venger de ses propres bourreaux mais étend sa colère et ses représailles à l’ensemble de la gente masculine.

Un choc post-traumatique la transformant en ange vengeresse de la cause de toutes les femmes maltraitées au travers les âges. Une sorte du super-héroine féministe déviante en somme qui bénéficierait d’un heureux déterminant patronymique (Thana renvoyant inévitablement à Thanatos, la personnification de la mort dans la mythologie grecque).


Si le troisième long-métrage de Ferrara restera à l’évidence dans la mémoire de ceux qui ont eu la chance de le voir, c’est principalement pour deux choses.

La première étant la manière dont le réalisateur film le New-york de cette époque. Une ville grouillante, sale, jonchée de déchets, où chaque homme ressemble à un prédateur en rut. Agressivité des éclairages, dédales poisseux, hanté par ce qui semble bien être la lie de l’humanité ou pas loin, New-York y est représentée comme la ville de tous les vices dans laquelle être une femme n’est pas une sinécure. Le machisme poussé à son paroxysme vu par la caméra virevoltante de son auteur.


La seconde c’est évidemment Zoe Lund. Impressionnante de justesse, nantie d’un charisme stupéfiant, elle parvient aux travers de ses expressions faciales à transmettre une large gammes d’émotions. Sa transformation la faisant passer de la jeune fille timide à l’amazone meurtrière n’est pas un mince exploit. On n’est pas prêt d’oublier la séquence finale où déguiser en nonne, elle sombre dans la folie la plus pure. D’une immense force sensuelle, érotique et violente.
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