LA FAMILLE TENENBAUM   -   The royal Tenenbaums
 
Annee
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2001
1h45
Gene Hackman – Anjelica Huston - Gwyneth Paltrow – Ben Stiller – Luke Wilson – Owen Wilson – Bill Murray – Danny Glover – Seymour Cassel – Kumar Pallana – Alec Baldwin …

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Critiqué par fear le 24/01/2012 Note :   Lire sa critique  
Critiqué par fear
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« La famille Tenenbaum », titre émancipateur de Wes Anderson, relève du film choral trop éparpillé. L'esprit du cinéaste, son entêtement sur la notion de groupe comme support de l'individu – famille, amis -, des failles humaines et de l'incapacité à régir son destin, se noient dans la masse. On ressort avec l'impression d'avoir survolé un arbre généalogique, les petites branches si fines et complexes ayant été élaguées au passage. Un film qui demeure amusant par moment mais dont la portée existentielle se heurte à la multiplicité à outrance …
 
Wes Anderson a en 2001 une petite réputation mais qui n'a pas connu de phénomène viral. C'est bien avec « La famille Tenenbaum » qu'il va acquérir les faveurs du public, pour son troisième long-métrage. Il s'adjoint encore les services d'Owen Wilson à l'écriture. Les deux compères perdurent dans la même veine, nous servant un feel-good movie – un film qui fait se sentir bien dirons-nous – entre comédie et drame.

Ils ne lésinent pas sur les têtes d'affiche – Hackman, Paltrow, Stiller, Glover, Huston, Murray, les frères Wilson – mais restent fidèles aux acteurs « historiques », ayant vu naître le cinéaste comme Seymour Cassel et Kumar Pallana. Si ce n'est pas la première fois qu'il dirige des acteurs renommés, il s'agit tout de même de sa première expérience avec une engeance aussi expérimentée. Bienvenue à New-York – une cité factice pour l'occasion – dans une famille aux problèmes irrésolus.

CHORAL MAIS RECONNAISSABLE

Il y a énormément de protagonistes à l'écran. Si cela ne gêne pas la compréhension, Anderson fait un peu un étalage de stars sans vraiment en tirer avantage. Un des problèmes se trouve donc être des personnalités moins fouillées qu'à l'accoutumée. On passe rapidement sur les malheurs de Chas, la dépression de Richie … Le point de gravitation demeure Royal, campé par Gene Hackman. C'est sa quête de rédemption, nantie de mauvaises intentions, qui attire toute sa petite communauté.

Sous ce foisonnement, on retrouve toujours les ritournelles du réalisateur. Encore une fois la famille est le moteur de l'individu dysfonctionnel, encore une fois les esprits sont décalés, embués de spleen et encore une fois l'amitié y trouve une place de choix. Le cocon relationnel fait vivre Anderson et la résolution des conflits semble le paradigme du salut. On peut être un peu lassés de cette présentation qui de films en films marque une redite sans vraiment trouver de nouvelles profondeurs. Si « Rushmore » (1998) avait catalysé l'énergie derrière la caméra au profit d'une poignée de héros, ce grand fourre-tout semble plus superficiel.
L'ombre portée tragi-comique est toujours là, mais la saveur est un peu passée.

Tout cela est décelable dans l'introduction qui n'en finit pas. Anderson passe en revue de manière hâtive l'enfance malmenée de ceux qui, une fois n'est pas coutume chez lui, ne sauront comment diriger leurs vies. Heureusement, le charme opère par cette petite graine de folie qui s'épand et sauve comme pour « Bottle rocket » (1996) le contenu, mal géré.
La mise en scène est dans sa routine. L'ambiance rétro plane sur les enfants qui ont grandi – les restes de leur jeunesse sont ostentatoires – et les cadres sont forts classiques.
La découpe en chapitre, très littéraire, est au rendez-vous comme lors de ses précédents essais.

FAMILIAL MAIS INDIVIDUEL

Le grégarisme de nos petits protégés provient d'un instinct de survie. Outre leur amour mutuel, ce sont les névroses générées qui recherchent une échappatoire. Chas endeuillé – Stiller faisant écho à Olivia Williams dans « Rushmore » (1998) – n'a pas un grand intérêt si ce n'est la peur communicative qu'il transmet à ses enfants. Il en va de même pour Richie, qui aurait pu être fascinant s'il n'avait pas été si unilatéral. Le cas de Margot – Gwyneth Paltrow -, plus contenu et plus mystérieux, est plus prenant – bien que Bill Murray soit peu utile -.
Les trois enfants, génies poussés par la famille, font face au vide existentiel de l'individu une fois adulte.

C'est sans subtilité qu'on découvre leur parcours. Même le double couple – Hackman-Glover-Huston – peine à exister. Le second Jules est plus droit et rangé, comme l'est la mère de famille. Irresponsable et immature, Hackman essaie de se sauver en sauvant ce qu'il avait détruit auparavant.
Tout est une question de bonheur contagieux. Au-delà des blâmes, il existe un équilibre futur à trouver.

En définitive, l'épanouissement de la carrière d'Anderson passe par un film un peu laborieux, bloqué par son trop grand nombre de vedettes à l'écran, beaucoup étant des écrans de fumée. Derrière le style, il y a une certaine vacuité dans cet étalage familial instable où l'on sourit tout de même par moments.
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