RUSHMORE   -   Rushmore
 
Annee
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1998
1h33
Jason Schwartzman – Bill Murray – Olivia Williams – Seymour Cassel – Brian Cox – Luke Wilson – Andrew Wilson – Mason Gamble …

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Critiqué par fear le 24/01/2012 Note :   Lire sa critique  
Critiqué par fear
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« Rushmore » déclame la manière dont trois personnages, à différents stades de leurs vies, vont se réfugier dans un absolu salvateur afin de se rassurer. La folie loufoque qui s'en dégage est des plus sympathiques et Anderson en profite pour brosser des portraits plein de vie, en perpétuelle évolution. Sous les oripeaux de la comédie - de décalage -, il offre à nouveau le dysfonctionnement familial, l'envie d'aller de l'avant et l'amitié comme principales influences. Une première réussite qui implique grandement ses acteurs très convaincants …
 
La comédie à l'américaine, surtout lorsqu'il s'agit de parler de l'adolescence, est devenu prisonnière des « American Pie » et de cette image grossière et indélicate qui s'est émancipée ces dernières années. Wes Anderson pour son second métrage retrouve Owen Wilson pour co-écrire un scénario sur cette phase de vie accolée au monde du cinéma indépendant.

Après son décevant « Bottle rocket » (1996), le cinéaste se voit octroyer une belle bourse et en profite pour choisir avec délectation son casting. L'homme a du flair et nous concocte un équipage de premier ordre. L'inénarrable Bill Murray toujours aussi étincelant en sous-jeu rencontre le tout jeune Jason Schwartzman – son premier film, bien avant une certaine reconnaissance – mais aussi Olivia Williams, la britannique vue dans le récent Polanski, « The ghost writer » (2010). Anderson est aussi un très bon directeur d'acteurs et il tirera le meilleur parti de la troupe. Sa maturité de cinéaste est arrivée rapidement et il sélectionne aussi quelques morceaux bien sentis, de Django Reinhardt à Cat Stevens.

RUSHMORE, LE GRAAL

Un trio en recherche va se télescoper espérant enfin trouver du concret dans une utopie. Les personnages se mentent à eux-mêmes, un mode de survie qui va inévitablement les envoyer dans le mur. Rushmore, école élitiste, est devenu le monde de prédilection de Max Fischer. Atypique, il est tout autant aimé que paria, mature sur certains points et complètement en inadéquation avec la réalité. Ce doux rêveur en perpétuel besoin de reconnaissance est ballotté par sa vie sur laquelle il n'a pas d'emprise. Il tombe alors sur un nouvel Eldorado, un premier émoi pour une professeure anglaise, nouvelle dans l'établissement.

Rosemary Cross est veuve depuis un an. Elle s'est réfugiée dans le travail mais possède toujours une fascination pour son mari, une ombre du passé qui semble avoir du mal à disparaître. L'espoir renaît quand apparaît Herman Blume. Riche et avenant, il a perdu l’appétit de la vie, englué dans une vie familiale qui lui déplaît, et trouve en Mlle Cross un exutoire, un nouveau paradis – réciproque -.

Pétris d'illusions, ces protagonistes forment le traditionnel triangle amoureux mais avec les variations andersonniennes. Sous leurs vides à combler, ils opèrent une danse qui n'a pour simple objet que la stagnation. Leur évolution viendra du déclic mais l'expérience de la vanité des choix, la chute du piédestal est impérative.
Wes Anderson propose au sein d'un ton léger, des ruptures mélancoliques toujours aussi pertinentes et dresse un tableau psychique avec une acuité révélée par les non-dits.

Il réussit à rendre cette folie latente crédible et à rendre attachants tous ses héros. Il n'y pas de réels jugements dans « Rushmore », mais des incidents de parcours. Outre l'avancée dans la vie, on retrouve des thèmes chers à Anderson comme l'amitié. Elle se traduit par un aspect mitigé, l'ami étant un des rares êtres humains à pouvoir nous trahir – volontairement ou pas -. Bien entendu, il s'agit avant tout d'une vertu, une capacité à être quelqu'un de meilleur. Sa posture parfois naïve se mélange étrangement avec ses points du vue plus affûtés.

RUSHMORE, L'ETAL

Derrière Schwartzman, Williams et Murray, il existe une foultitude de collègues de passage. Dirk renvoie à la petite sœur de « Bottle Rocket » (1996). Il est juste de par son jeune âge. L'innocence a donc une neutralité, une absence de fantasmes inaccessibles contre lesquels se lover. De même, comme souvent la famille dysfonctionne, générant des adultes un peu décontenancés – absence du mari, communication rompue …. -.

Il y a beaucoup de rebondissements faisant varier les positions de chacun. Cette dynamique est la bienvenue mais elle n'empêche pas des baisses de forme. Encore une fois, c'est dans le romantisme qu'il se plante un peu, souvent assez maladroit. L'humour décalé prête à sourire plus qu'à rire et sert surtout la description des mœurs humaines plutôt que l'éclat humoristique.

Anderson propose également une mise en scène bien plus soignée, sans tape à l’œil, mais avec une belle précision – celle qui lui faisait défaut lors de son premier long -. Il fait ici son entrée dans le monde des cinéastes à suivre. Une belle interprétation, un décalage pertinent et une histoire vive. Il lui manque encore une continuité puisqu'il s'égare parfois dans des dédales secondaires peu utiles.
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