BOTTLE ROCKET   -   Bottle rocket
 
Annee
Duree
Genres
Pays
Réalisateurs
Acteurs
Notes rédactions
Notes visiteurs
0 commentaire(s)
1996
1h31
Andrew Wilson – Owen Wilson – Luke Wilson – Rob Lowe – James Caan – Teddy Wilson – Janie Tooley – Lumi Cavazos ...

LISTE DES CRITIQUES
Critiqué par fear le 24/01/2012 Note :   Lire sa critique  
Critiqué par fear
774 critique(s)
Voir toutes ses critiques
 
« Bottle rocket » peut difficilement être affublé du terme déplaisant. La Anderson's touch est déjà en marche tant sur ses thèmes et tics – absurdité, mélancolie, les adultes … - que sur son approche souriante mais qui finit par être une comédie inaboutie. La mise en scène branlante et le scénario faiblard nous confinent à une simple histoire qui se répète, celles de losers empêtrés dans leur immaturité. Ce début prometteur montre assez vite ses limites. Les interprètes sont par contre d'un enthousiasme communicatif …
 
S'il s'agit bien du premier long d'un des chouchous indépendants US, ce n'en est pas moins une étape de tâtonnement assez étrange. Il commence sa carrière en allongeant un court-métrage en noir et blanc pour un format cinéma. C'est aussi l'occasion de collaborer pour la première fois avec des amis, la fratrie Wilson – ici au grand complet, avec Owen en co-scénariste -, . Le futur verra une certaine corrélation entre leurs carrières avec une forte inégalité il va sans dire.

Le métrage s'inscrit parfaitement dans le schème du cinéma indépendant tel qu'on le connaît aujourd'hui, dans sa veine d'adulescence ,omniprésente et incontournable de toute une partie de la production américaine.

BASE ANDERSONIENNE

On voit clairement un avant-goût de la future carrière du texan. Bien que la mécanique n'en soit qu'à l'échauffement, on retrouve des préoccupations qui feront le sel de ses longs-métrages suivants. Il est bien entendu question de la direction à prendre dans la vie – le passage à l'âge adulte -. Dignan et Anthony, ainsi que le riche Bob, sont des losers en puissance. N'espérant rien ou plutôt tout, ils pensent pouvoir subvenir à leurs besoins par des larcins. Instables, ils vivent au jour le jour et commettent un premier crime à la hauteur de leur sagacité, un casse dans une librairie.
La morale voudrait bien évidemment qu'ils grandissent et que tout rentre dans l'ordre mais tout le monde n'est pas curable, le salut venant souvent de l'extérieur – une femme, un amour -. Pour devenir quelqu'un, n'essayons surtout pas de l'être.

De même, la thématique familiale est de la partie. L'abandon affectif semble toucher chacun d'eux mais seul Bob sera directement en conflit avec ses apparentés. Anthony n' a qu'un face à face avec la petite de la famille, consciente du paumé qu'il est devenu.
L'amitié, elle, sert de placebo de luxe pour ces jeunes bandits du dimanche.

L'humour loufoque fait également des siennes bien que l'écriture soit parfois lâche. La séquence où Anthony suit la tournée d'Inez est très réussie, renvoyant à une certaine vision naïve, poétique, pénible – rayez les mentions que vous trouverez inutiles -, tandis que les passages avec Futur Man ou des discussions au sein de la fine équipe sont plus pataudes.

ANDERSON LE GLAS

Si on découvre la personnalité de l'auteur en devenir, cela n'implique pas que l'on y trouve son compte. Premier constat, la mise en scène est franchement pauvre, une impression terne dans l'ensemble bien que le genre ne s'y prête pas particulièrement. Il y a surtout des plans qui occultent l'environnement, un travail un peu trop brouillon – excusable pour une première -.

Ce manque de patte visuelle fait écho à un Anderson incapable de donner de la vie à son histoire. Les acteurs se démènent avec panache mais l'histoire tourne en rond, inlassablement. Après la première demi-heure, le petit Wes comble l'espace avec une amourette un peu fatigante et une rencontre tardive avec James Caan. Les rebondissements sont anecdotiques et on retrouve toujours nos trois bras cassés, à se monter la tête pour pas grand chose. Dans tous les cas, cette quête d'idéal devient ennuyeuse, non pas parce que les personnages se figent – le propos est justement cela – mais parce que le film s'amollit en se complaisant dans une identité un peu étroite.

Cet immobilisme ne profite pourtant pas à la « philosophie » de cette aventure rocambolesque.
On sent qu'il y a de la matière mais que l'agencement a été compliqué et souffreteux.

Toutefois pas de quoi assassiner le réalisateur qui délivre un charme diffus, fonctionnant à notre insu. C'est aussi une des grandes forces de son cinéma, savoir distiller des idées pour nous dire qu'au final, nous avons passé un moment pas désagréable.
 Iken-eiga (2007) © tous droits réservés | ADMIN