REVENGE A LOVE STORY   -   Fuk sau che chi sei
 
Annee
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2010
1h30
Juno Mak – Sola Aoi – Siu-Hou Chin – Tony-Ho – Tony Liu …

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Critiqué par fear le 17/01/2012 Note :   Lire sa critique  
Critiqué par fear
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« Revenge : a love story » a les défauts de son titre, trop réducteur et finalement assez peu profond. Le monde de Kit et Wing est bouleversé par un événement tragique. Ce pivot est voilé par le regard d'une société intransigeante et les agissements d'une défense nationale pervertie. Sans vraiment convaincre Wong Ching-po serre habilement les rangs jusqu'à ce que tout soit connu, moment où il laisse choir ses ambitions, nous emmenant vers un final poussif …
 
Les amoureux de la Catégorie III – comprenez pas pour les mioches -, ex-fleuron du film de genre made in HK, possède un repreneur averti, la société 852 films Ltd. En effet, ils nous avaient gratifiés d'un « Dream home » (2010) de très haute tenue, slasher outrancier qui faisait du bien où cela faisait mal.
Ce second projet, de Ching-Po Wong cette fois - « La voie du Jiang Hu » (2004) -, paraît sur le papier un peu plus conventionnel bien qu'il laisse une marge de manœuvre trash assez conséquente.
De plus, le succès des récents monstres coréens – vindicatifs à souhait – prouve qu'il y a une place pour ce type de projet.

Le cinéaste n'est pas d'une constance légendaire et a notamment fait « Mob sister » (2005), ce qui ne laissait pas spécialement rêveur.
Question casting Sola Aoi – débauchée du X nippon – joue en doublette avec Juno Mak, justement vu dans « Dream Home » (2010).
Si tout cela paraît un peu obscur dans ces conditions, 852 films Ltd est-il le nouveau nabab du déchaînement hong-kongais ?

ANOBLIR DANS L'INNOMABLE

Volonté partagée par les deux métrages, la mise en exergue des souffrances sociales au sein de la société contemporaine chinoise. On ne peut pas dire qu'il s'agisse de demi-mesure et Wong nous plonge dans une caricature, une vision unilatérale de l'immoralité de ses compatriotes.

Pour ce qui est des flics, la corruption n'est pas spécialement une nouveauté du pays. L'omerta au sein du commissariat et la poursuite carriériste de certains auteurs du méfait montrent bien le nettoyage qui devrait être fait au sein des forces de l'ordre. Cette thématique est par ailleurs très courante en Corée du Sud et dans les polars HK modernes. En effet, l'image des flingueurs électrons libres des 90's est belle est bien fanée. Les contournements de la loi leur semblent presque légitimes et la différence principale est la connivence absolue de tous les membres de la brigade.
Comme on a pu le dire, il s'agit d'une stigmatisation simple et qui a en retour une vision immaculée des deux jeunes « héros ».

En effet, ceux-ci sont ballottés par les autres du fait de leur retard mental. Le mépris qui en résulte, l’exclusion permanente et la relégation au rang de moins que rien – qu'on retrouve aussi chez les coréens, comme « Memories of murder » (2003) – en font des victimes idéales – les services sociaux -, l'empathie se jouant sur deux notes mélancoliques de la bande-son.

Par ce simple contraste entre des protecteurs à la morale déchue et des simples d'esprits prisonniers de leur condition, le drame est joué. On pouvait attendre un peu plus de subtilité dans cette vision des événements, surtout que le film est avare en débordements graphiques. C'est donc une catégorie III sage, mais bien pour adulte car le malaise demeure.

ASSOMBRIR DANS LA DOUCEUR

Wong arrive à jouer des atmosphères oppressantes du poste de police sans avoir recours à trop d'artifices. L'intro est menée tambours battant – mais sans explosion gore, il faut en avoir conscience -. On découvre vite Kit, le responsable des meurtres, jusqu'à son arrestation. C'est alors que l'on plonge dans le passé – pour une bonne demi-heure -, sans conteste la partie la plus réussie. Kit est amoureux de Wing, elle aussi un peu « lente ». Tout est dépeint avec candeur avec des petits gestes attentionnés, comme l'attente du beignet ou le bonheur partagé du carrousel ….
Wong nous embarque dans cet amour atypique sans tomber dans le piège de la mièvrerie. C'est alors le temps de la désillusion et notamment le passage du dépôt de plainte, bien glauque sans pourtant jouer sur l’exubérance. L'effet est pourtant tout aussi pesant.

Malheureusement la suite est plus brouillonne. La cohésion des deux premières parties s'étiole et la course contre la montre des enquêteurs et de Kit n'a rien de palpitante. Une mise à mort grotesque dans la station service puis un final raté – l'idée n'était pourtant pas mal – qui sombre dans l'outrance à contre-courant du récit prodigué jusqu'alors.

Le fonctionnement en chapitre, religieux à souhait, sonne franchement creux et donne une forme de caution mystique qui n'a pas lieu d'être. En somme, il s'agit d'un thriller qui s'effondre à ses deux tiers et qui demeure simpliste. Il reste toutefois assez agréable et laisse entrevoir de belles progressions pour le studio.
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