SOURCE CODE   -   Source Code
 
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2011
1h33
Jake Gyllenhaal - Michelle Monaghan - Vera Farmiga

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Critiqué par CAMIF le 18/09/2011 Note :   Lire sa critique  
Critiqué par CAMIF
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Si l’on excepte un gros dernier quart d’heure décevant, « Source Code » est un vrai plaisir tortueux et cérébral ( un peu ) qui mêle habilement action et réflexion sur l’identité, le réel et la manipulation.
 
Après le remarqué et intelligent «Moon», Duncan Jones nous plonge à nouveau dans un univers qui s’apparente à la science-fiction.
Qui s’y apparente seulement, tant la science n’a ici que peu d’intérêt, le film ne se penche jamais sérieusement sur la découverte technologie permettant au héros, au regard si doux, de revivre huit minutes d’un passé récent. Passons également rapidement sur les incohérences scénaristiques et scientifiques faisant rebondir à l’envie l’action et les interrogations cérébrales de ce brave soldat, pour nous pencher sur un film finalement plus que recommandable.

Si « Source Code » est un film de commande porté sur les fonds baptismaux par un gros studio américain et donc avec un cahier des charges à respecter (avec tout ce que cela entraîne de difficultés pour le réalisateur de faire ce qu’il veut), on ne saura reprocher à Duncan Jones de ne pas avoir réussi à y apporter sa propre patte.
En effet, certains des thèmes inclus dans «Moon» sont ici repris. La claustrophobie du héros, sa solitude affective, l’interrogation sur le réel, le dédoublement de la personnalité, la manipulation et le mensonge des dirigeants. Là s’arrêtera la comparaison entre les deux œuvres tant les deux métrages sont dissemblables dans la forme tout du moins.

« Source Code » est un film d’action, un film d’action malin, légèrement suranné (ce qui n’a en soi rien de négatif) , mais un film d’action tout de même. Croisement, souvent habile, de suspens Hitchcockien, d’effets de répétitions d’ «Un jour sans fin», de projections dans la peau à la façon de «Code Quantum», d’univers digne de « la Quatrième Dimension » à la sauce gamer et d’interrogations « Dickienne » sur la nature de la réalité et du rêve.
« Source Code » pourrait, dès lors, sentir le faisandé, se cachant derrière un écran de fumée où l’épate prend le pas sur le reste. Il n’est est rien et c’est probablement la plus grande réussite du réalisateur, celle de ne jamais ennuyer le spectateur malgré une narration forcément répétitive de par son scénario même.

Les premières minutes sont d’une belle agressivité narrative et plongent le spectateur en pleine instabilité. Impressionnant et rondement mené, le spectateur est propulsé avec le personnage dans deux fragments d’univers et de temps, l’un (le train) qui semble irréel et sans cesse répété, l’autre (la capsule) qui semble la réalité et qui nous fait progresser sur la voie de la compréhension. C’est probablement le meilleur moment du film, celui où l’on ne sait pas grand-chose et où la tension liée à la connaissance de l’explosion de la bombe donne un côté Hitchcockien parfaitement savoureux.

Conscient que tenir une heure demi avec des flash-backs et les huit minutes en question n’étant pas tenable, Duncan Jones prend alors le parti d’orienter son film du «thriller action» vers un univers entre la «Twilight Zone» et un roman à la Philipp K.Dick.
Une fois résolue la question de savoir qui est le terroriste, « Source Code » devient alors une histoire paranoïaque où les murs entre les réalités s’estompent, où l’aliénation et la folie semblent gagner Colter Stevens et franchement on le serait à moins.

Le basculement est plutôt habile, mais il ne fait que rester à la surface des choses (difficile de développer sans dévoiler une partie de l’intrigue). De peur de perdre le spectateur ? Peut-être, mais dommageable.

Reste à évoquer rapidement la dernière partie du film qui hélas sombre dans la mièvrerie et le romanesque tout droit sortis des pires conventions Hollywoodienne et surtout en total décalage avec le pessimisme global qui se dégageait de l’oeuvre jusqu'alors. Duncan Jones a-t-il eu les coudées franches ou a-t-il du céder aux rodomontades des caciques du studio ? L’auteur de ces lignes optera pour la dernière solution. Et c’est irréfragablement dommageable.

On est donc tout de même obligés de regarder « Source Code » avec un cerveau légèrement disponible, ce qui nous changera agréablement de toutes ces productions où l’aération de la boîte craniennne semble être devenue une obligation contractuelle.

Un bon moment donc et un réalisateur à suivre. Pas de quoi bouder son plaisir.
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