Annee
Duree
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2010
2h00
Lambert Wilson – Michael Lonsdale – Olivier Rabourdin – Philippe Laudenbach – Jacques Herlin – Loïc Pichon – Xavier Maly – Jean-Marie Frin …
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| « Des hommes et des dieux » montrent une nouvelle fois la méticulosité de Beauvois qui réduit l’espace et le temps afin de privilégier les moines et leurs tâches journalières. Jouant avec l’idéalisme tout en laissant un peu de côté ses autres protagonistes, il offre par cette vision parcellaire un film démonstratif mais qui manque de souffle à de nombreuses reprises. Bien loin d’une extase cinématographique, on priait plus d’une fois pour sortir de l’enceinte religieuse, un lieu où le silence ne nous parle finalement que trop peu et où les discours résonnent parfois vainement …. |
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Pour son sixième long-métrage, l’auteur de « Le petit lieutenant » (2004), a eu le droit à un vrai carton plein de récompenses : Grand prix à Cannes, 3 prix aux césars … tout en ayant subjugué la presse. Il convie ici des acteurs confirmés, avec notamment Lambert Wilson et Michael Lonsdale en grande forme, autour d’un fait divers assez morose.
On parle ici de l’assassinat des moines de Tibhirine. Entre les premiers avertissements – en 1993 – et l’enlèvement des occupants du monastère, il s’écoula 3 ans. Il est bon de noter que plusieurs thèses existent quant aux auteurs – incertains – de ces méfaits. Outre le GIA – le Groupe Islamiste Armé -, une bavure de l’armée ou encore un coup monté de l’armée, à la solde d’un gouvernement douteux, ont été pointés du doigt.
Quoi qu’il en soit, Beauvois ne s’intéresse que très peu à l’affaire en elle-même mais épouse le point de vue des futures victimes en montrant leurs liens avec les hommes et avec les dieux.
DIEU : CERTITUDE HERMETIQUE
De la confession de son auteur, il s’agissait de transcrire la vie monacale, ses raisons et son fonctionnement. La transcription de cette routine intransigeante fait surgir autant de questions que de réponses. Ces moines poursuivent un cérémonial avec leur Dieu, en étant fidèle à leur foi.
Toutefois ce lien intangible est aussi une forme de réalité alternative. Confinés dans leur monde, ils peinent parfois à se confronter quand elle ne découle pas de leurs sacerdoces. Cette bulle de réalité est un cycle continu de dévotion qui ne les sépare pour autant pas des musulmans vivant autour – aide médicale, discussions -.
On sent un Beauvois assez admiratif de ce travail de fond ce qui tend à simplifier les perceptions des forces extérieures. Tous les villageois sont en totale dépendance avec eux, le gouvernement et les terroristes sont méfiants du fait de leur trahison – morale ou effective – potentielle.
Pour ce qui est de la cohabitation des croyances, tout semble aller pour le mieux. C’est un véritable monde fraternel. Les moines connaissent le Coran et peuvent donc échanger aisément sur les deux textes. Sans heurts ni oppositions, il semblerait qu’un idéal – trop ? – est sur le point de se briser.
Le silence – en contraste avec la vie bruyante aux alentours -, l’abnégation et les prières constituent des éléments immersifs bien que leur répétition finisse par lasser. Ce monde figé est bien trop descriptif et manque finalement de relief. C’est bien quand les troubles viennent bousculer cette rengaine que le film s’étoffe.
HOMMES : DOUTE PASSAGER
Quand les premiers meurtres sont perpétrés, les esprits sont quelque peu ébranlés. Bien entendu, ils ont toujours le soutien inconditionnel du peuple – qui déboute automatiquement les terroristes, l’Etat et l’armée -. Mais, c’est le début de d’une période difficile où chacun fait face à sa croyance en Dieu, en balance avec sa survie.
Ils pourraient demander l’aide des forces armées, partir ou tout simplement rester. Bien plus que les quelques discussions avec chaque intervenant, ce sont bien les tours de tables qui magnifient le script.
La communauté possède tout son sens, notamment dans les chants, mais lors des débats elle laisse place à l’humanité individualisée. La peur de mourir, le manque de repère sorti du monastère, tout cela concorde à une mosaïque qui semblait bien uniforme jusque-là. Outre les tensions, il restera le dernier tour de table où chacun, un verre à la main, va faire transparaître ses émotions – encore une fois, on est dans le lâcher-prise – sous un air de Tchaikovski.
Beauvois parvient à rendre compte d’un mode de vie mais obnubilé par ses moines il en oublie un peu son contexte et le jeu qui s’exerce sur eux. C’est finalement les bons samaritains que l’on voit et leur pugnacité tranquille.
On décernera une mention spéciale à Lonsdale, toujours à l’économie mais diablement sympathique. Un cortège bien mené mais qui erre pour arriver à son dénouement toujours accompagné d’une belle photographie – marocaine ici -.
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