DRIVE   -   Drive
 
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2002
1h40
Shin'ichi Tsutsumi – Ren Osugi – Kou Shibasaki – Masanobu Ando – Toshio Kakei – Susumu Terajima – Yasuko Matsuyuki – Tomorowo Taguchi – Keisuke Horibe – Kanji Tsuda – Akemi Kobayashi – Nao Omori ...

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Critiqué par fear le 17/02/2010 Note :   Lire sa critique  
Critiqué par fear
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« Drive » est une nouvelle tentative d'imprimer le destin comme un marionnettiste contre lequel il ne faut pas lutter. Dans cette perspective, il renie le système de pensée sociale tout comme ses travers reconnus en optant pour une vie intense quitte à faire des erreurs. Luttant encore contre l'inertie de ses compatriotes, il nous conduit parfois dans un monde onirique et humoristique. Cela pourrait paraître dépaysant, si l'écriture ne faisait pas tourner le métrage en roue libre une fois les idées exposées. Un Sabu classique qui stagne dans sa personnalité affirmée ...
 
Sabu est un des cinéastes les plus cohérents dans sa filmographie. Brassant toujours ses obsessions et traînant quelques casseroles récurrentes, il réalise en 2002 deux métrages. « Blessing bell » (2002) était un trip en frome de road-movie qui était assez creux du fait d'un scénario qui s'essoufflait tout seul, noyé dans son concept.

Son second est quant à lui typique de ce qu'il a déjà réalisé. Cette adoration thématique se voit relayée par un continuum dans les interprètes. Tsutsumi est toujours aux commandes et c'est la même bande qui tient les seconds couteaux – avec des jeux de chaises musicales pour le type de mecs qu'ils jouent -.

BUDDHA EST PARMI NOUS

Il l'avoue depuis longtemps, le destin est ce qui régit ce monde avec notamment la rencontre entre divers individus qui n'est jamais fortuite. Jouant à chaque fois sur l'effet papillon, il repart dans une histoire d'homme tranquille qui voit sa vie basculer quand des braqueurs viennent faire irruption dans sa voiture. Ce postulat sent du coup le déjà-vu et ce n'est toujours qu'une variation de plus, en conservant les tares qui plombaient ses métrages.

Sabu va expliciter un peu plus son propos par la voie bouddhique. Un des malfaiteurs a des parents qui étaient responsables d'un temple ce qui lui confère une lecture de l'âme et une vision très nette des choses. S'il dogmatise l'idéologie, il ne fait pas du pratiquant un modèle – il frappe tous ceux qui ne conviennent pas à sa croyance -. On retrouve donc les vies antérieures inscrites comme le lien entre les individus du présent. Même si le dessein est imperceptible, il y a bien une force qui va prendre soin d'amener Kenichi d'un point A un point B. Il souffre de migraines dues au stress. Son mode de vie, toujours respectueux des lois le rend assez ennuyeux pour la plupart de ses congénères. On retrouve cette idée que la perfection incarnée ne vit pas et reste prostrée et qu'il faut donc lui apporter un coup de fouet – à bon karma, « bonne aide divine » semble se personnifier dans le héros -.
Le cinéaste est donc toujours dans son analyse – ici discrète mais présente : suicide, modèle social ... – de la société nipponne avec ce regard amusé sur l'absence de vitalité de sa population. A contrario, un mouvement inconséquent se forme comme une bi-polarité. Chacun peut apprendre de l'autre, ce qui fait la richesse de cet antagonisme.

Pour évoquer les anciennes vies, Sabu aura de nouveau recours à l'onirisme. On verra donc un samouraï et un soldat – rien de bien original – comme symboles de cette destinée qui est en marche. Hormis la séquence chez sa tante, on ne retrouve que très rarement la fougue des hallucinations ou des rêves de ses protagonistes. On reste sur des aspirations individuelles sans réel relief.

LA CHANCE EST PARMI NOUS

On peut observer une différence notable avec ses précédents. Dans tous les cas, il choisissait de faire évoluer son anti-héros vers un destin inéluctable qui s'avérait souvent tragique ou malheureux. Ici le chat retombe sur ses pattes notamment car il ne se fait pas complice de ces voyous. Il va traîner avec eux mais se démarque et tente de faire pencher les forces présentes de son côté – à l'image de son choix final -.

Les acteurs sont très convaincants et vont chacun suivre une trajectoire qui leur est propre. C'est une des surprises également. Sabu sort de la notion de groupe pour individualiser les parcours donnant lieu à des possibilités étonnantes. Deux choix s'imposent alors : Soit il considère que malgré leur bêtise, les braqueurs sont des bons gars qui méritent la rédemption, soit il renie la loi du destin lié au karma exprimé par un des membres.

Côté humour, on reste dans la même veine et cela s'avère parfois payant avec par ex. la tante insupportable qui évoque Carrie pour parler de sa situation. Il voulait néanmoins développer ses personnages et il existe donc une alternance de style palpable à l'écran.

Le problème reste toujours le même, son écriture manque cruellement de fond et il se débat bien mieux avec des abstractions qu'avec la chair et l'os. On retombe dans des descriptions dramatiques qui chez Miike sont placées en anecdotes alors qu'elles semblent suffire à Sabu pour monter en épingle une route personnelle. Cet abus de confiance génère la faiblesse éternelle de son cinéma, une écriture intelligente mais assez indigente.
Niveau mise en scène, on est encore dans quelque chose d'assez classique mais on sent qu'il a atteint une sérénité qui permet de gérer ses idées d'un point de vue visuel.
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